Le début de la fin

J'aime toujours autant l'univers extravagant de Jasper Fforde ! Les volumes se suivent, se ressemblent, et pour autant ne perdent rien de leur saveur. C'est complètement paradoxal d'ailleurs, plus j'avance dans la série et moins je vois les ficelles (il faut dire que ça part tellement dans tous les sens que les ficelles ressemblent plutôt à une pelote de laine angora... crêpée...). Je devrais sentir venir les arnaques, je devrais voir les fusils de Tchekhov planqués un peu partout... et pourtant je suis tellement happée que je me fais avoir comme une bleue à chaque fois !

Dans ce 5ème volume, on retrouve Thursday 14 ans plus tard, flanquée de deux gamines brillantes et d'un Friday adolechiant, d'un Landen toujours aussi parfait, d'un boulot de vendeuse de moquettes, et de deux doubles de fiction aussi similaires qu'une autruche et une boîte de conserve. Entre trafic de fromage explosif, paradoxes temporels, excédent de bêt...

Lire la suite...

Comment t'écrire adieu

« Comment t'écrire adieu » fait partie de ces bouquins empruntés sur un coup de tête et dévorés d'une traite. Le sujet pourtant ne m'emballait pas (si les histoires d'amour ne sont pas ma tasse de rhum (le thé non plus !), celles de rupture le sont encore moins !), mais j'adore Juliette Arnaud. Avec sa plume franche et ciselée, elle pourrait me parler d'économie slovaque durant l'entre-deux-guerres que je boirais encore ses mots comme du nectar, alors va pour le chagrin d'amour.

Je ne sais pas si on peut vraiment classer ce texte dans la catégorie Roman, mais où le mettre alors ? Autobiographie ? Recueil de nouvelles ? Non, pour moi c'est un Inclassable qui mêle allègrement introspection, musique, anecdotes, romance et surtout magie des mots. En partant d'une histoire d'amour chaotique (mais somme toute banale), de flash-back en aparté on finit par aborder moult sujets, des plus triviaux (les cheveux rebelles !) aux plus lourds (l...

Lire la suite...

Chien-Loup

Je suis assez étonnée du flot de critiques positives reçues par ce roman. En effet, bien que j'en aie apprécié certains aspects, l'ensemble m'a paru plutôt fade.

S'il y a bien un point qui m'a agacée tout au long de ma lecture, c'est la redondance ! A tel point que j'ai fini par me demander si l'auteur n'était pas devenu sénile tellement certaines répétitions étaient grossières (même si j'imagine que c'est plutôt le travail de relecture qui a pêché…) Concernant l'histoire en elle-même, j'ai été gênée par l'absence d'une intrigue solide. J'ai eu l'impression que l'auteur avait privilégié l'idée générale au détriment de la cohérence de l'ensemble. Je suis pourtant friande des romans d'ambiance "où il ne se passe rien", mais j'ai eu ici le sentiment d'un soufflé mal cuit, qui retombe avant même d'être monté. De ce qui aurait pu faire une merveilleuse nouvelle, il ne restera qu'un roman vite oublié...

Le principe de l'alt...

Lire la suite...

Fils de dragon

Ma PAL*, et même ma PEC** dépassent ces temps-ci tous les records, aussi avais-je décidé de ne plus rien y ajouter jusqu'à ce qu'elles aient diminué de façon significative. Mais quand en parcourant par curiosité la liste de la dernière Masse Critique, je suis tombée sur cet ouvrage que je ne connaissais pas de la grandissime Pearl Buck, je n'ai pas pu résister !

Pearl Buck, c'est une de mes premières rencontres littéraires et surtout un de mes plus gros coups de foudre : elle m'a appris ce que c'était que d'être une femme quand je n'étais encore qu'une enfant. Elle m'a appris tant de choses sur la vie, elle m'a fait tant comprendre sur moi-même. Vent d'Est, vent d'ouest, Pavillon de femmes, La m...

Lire la suite...

Mon traître (BD)

J'ai tellement aimé le roman (si vous me suivez régulièrement vous devez savoir à quel point j'admire, j'adule, j'idolâtre Sorj Chalandon !) que l'adaptation graphique pour moi, c'était un peu quitte ou double... Et même si mon domaine de prédilection reste plutôt les mots que les images, le verdict est clair : c'est double !

J'ai trouvé cette bande-dessinée extrêmement forte. L'auteur a su mettre en valeur les mots de Sorj Chalandon par un graphisme sobre mais terriblement bouleversant. Les tons monochromes contribuent à appesantir l'atmosphère et les yeux des personnages d'encre sont plus parlant que des mots.

A quand l'adaptation de Retour à Kyllibegs ?

Le siècle t.3 - Aux portes de l'éternité

Le problème avec ces sagas qui s'étalent sur plusieurs générations, c'est qu'on ne sait jamais quand il faut s'arrêter. J'aimerai savoir ce qui va arriver à Jack, Jonh-Lee, Alice ou Gricha... d'autant qu'ils sont presque de ma génération, mais d'un autre côté il faut bien conclure à un moment. Et pour tout dire, ce troisième tome est presque déjà de trop. En effet, outre l'artificialité des relations historiques des protagonistes, certains passages sont simplistes, à la limite du grotesque. Par exemple, quand le jeune George, ardent pacifiste apprend qu'un avion espion a été abattu au dessus de Cuba et qu'il retourne sa veste aussitôt. Ou quand Rebecca est contrainte d'abandonner une opportunité en or pour des raisons familiales, et que cette opportunité attend bien gentiment la fin de ses problèmes pour se représenter à l'identique.

En bref, j'ai été ravie de traverser le XXe siècle au côté de ces 4 familles, j'ai appris certaines choses, en ai revues d'autres, mais mainten...

Lire la suite...

Le siècle t.2 - L'Hiver du monde

Après la der des ders dans le tome 1, place aux guerres anti-fascistes dans le tome 2. Et si je compte bien, ça devrait nous laisser la guerre froide pour le tome 3 !

J'ai trouvé "L'hiver du monde" un peu moins abouti que le premier volet : un peu plus maladroit et – oserai-je ? – un peu trop marketé. Les idéologies politiques sont présentées de façon simpliste, la psychologie des personnages est trop convenue – mis à part Erik qui se fourvoie dans le "prêt-à-penser", ils sont tous d'une droiture morale souvent invraisemblable. De plus, vers la fin certaines scènes semblent tomber comme un cheveu sur la soupe, donnant l'impression d'un assemblage d'anecdotes sans réel lien.

Mais qu'à cela ne tienne, ça fonctionne ! Ken Follet est un conteur hors pair qui sait donner vie à ses histoires et happer ses lecteurs. Et finalement, c'est tout ce qu'on lui demande !

PS : C'est peut-être une broutille, mais pourquoi avoir changé...

Lire la suite...

Le siècle t.1 - La Chute des géants

Premier tome d'une trilogie s'étalant sur toute la durée du XXe siècle, "La chute des géants" s'attarde principalement sur la période de la Grande Guerre. Le contexte historique est omniprésent mais nul besoin d'être passionné d'Histoire pour y trouver son compte. En effet, Ken Follet est passé maître dans l'art de fondre la grande Histoire dans les petites, enrobant ses nombreux détails historiques de drames et de romances. Je ne sais pas comment il fait, mais il arrive à insuffler du suspens à des évènements connus de tous. L'Angleterre va-t-elle entrer en guerre ? La révolution Russe va-t-elle aboutir ? On a beau connaître les faits, rien n'y fait, la tension est forte ! Alors certes, ce n'est pas toujours très crédible, mais peu importe ça fait partie du deal, et si on supprimait toutes les coïncidences improbables, il faudrait un nombre incalculable de personnages qui n'apporterait pas grand-chose de plus au récit. De surcroît, j'ai trouvé que l'auteur avait fait un effort po...

Lire la suite...

La chambre ardente

Chambres closes et meurtres impossibles : le champ de prédilection de John Dickson Carr. La chambre ardente n'est pas à mon sens son meilleur roman mais étrangement c'est son plus connu. On y retrouve tous les ingrédients du genre : une mort ambiguë, un cadavre disparu, des suspects tous plus louches les uns que les autres, et en prime une pincée de surnaturel avec une empoisonneuse vieille de plusieurs siècles et des non-morts qui traversent les murs...

Un bon moment de lecture, mais sans plus.

La bête qui meurt

Encore une fois je me décide à découvrir un auteur après sa mort, ça commence à devenir une (mauvaise) habitude ! Philip Roth c'est un monument, alors forcément on s'en approche délicatement. Mais très vite, l'appréhension se transforme en respect et la timidité en gourmandise. Il n'y a rien à dire, le talent c'est le talent !

La bête de son roman, c'est David Kepesh, le narrateur. Et s'il ne se meurt pas au sens littéral, il est tout de même sur la pente descendante de sa vie. Éminent professeur d'université, personnalité médiatique et Don Juan insatiable, il est l'incarnation de l'émancipation des corps et des esprits propre aux années 70. Dans une analyse crue mais non moins clairvoyante, il revient sur la liaison qui a marqué ses dernières années. Consuela, une jeune cubaine de bonne famille, guindée et déroutante, catalyseur d'émotions insoupçonnées, qui de son corps, son regard fier et surtout de ses seins l'a fait chanceler. Il aborde dans ces pages son tr...

Lire la suite...