Olga

J'avais beaucoup aimé Le liseur, le roman phare de Bernard Schlink, aussi c'est plutôt confiante que j'ai décidé de découvrir le destin d'Olga, mais j'ai été vraiment déçue.

Du Liseur, j'ai retrouvé le style, mais pas la profondeur. J'ai trouvé ce roman creux, les personnages fades, incolores. Tout y est survolé, des expéditions d'Herbert aux guerres mondiales, des relations sociales au destin d'Olga. Même le coup de théâtre – attendu – m'a fait l'effet d'un pétard mouillé. Et alors la troisième partie, avec les lettres, m'a littéralement assommée mièvrerie.

Olga traverse le XXe siècle allemand certes, mais elle m'a laissé au bord du chemin. Dommage, il y avait de l'idée...

Où j'ai perdu mes moyens devant Titiou Lecoq

Quand, il y a quelques jours, j'ai reçu une invitation de la part de Babelio pour rencontrer Titiou Lecoq, j'ai failli laisser échapper un cri de joie (au bureau, ça le fait moyen...). Pour vous dire, ce n'est pas la première fois que Babelio me permet d'échanger avec un auteur lors d'une rencontre privilégiée, mais c'est la première fois que 1/ je la connais et 2/ je l'adore !

Le problème, c'est que votre Koko, elle est plus à l'aise à l'écrit qu'à l'oral !!! Donc au lieu de bavarder gaiment d'un air docte et détendu, j'ai pondu une bouillie emberlificotée à base de "Je suis trop contente", "J'ai lu tous tes livres" et "Je suis vraiment trop contente". Bref, le discours de midinette émoustillée ! Désolée Titiou, tu as du te dem...

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Le quatrième mur (BD)

Ma déception est d'autant plus grande que le roman de Sorj Chalandon m'avait littéralement subjuguée. Au plus loin que remontent mes souvenirs de lectrice, jamais un livre ne m'a frappé plus fort, plus juste, plus cruellement. Aucune page n'a été plus humide de mes larmes, aucun roman n'est resté si puissamment ancré en moi. Aussi attendais-je de la BD, si ce n'est autant, au moins un peu d'émotion. Mais non, les esquisses ont littéralement aplani les mots, la concision des images effaçant tout le relief du texte original pour ne laisser qu'une histoire triste.

S'attaquer à un tel monument était sans doute un challenge trop ambitieux. Dommage.

Quelques pas dans la nuit

Il est des romans qui vous touchent sans que vous sachiez vraiment en donner la raison. « Quelques pas dans la nuit » est de ceux-là. L'histoire, quoiqu'émouvante est tristement banale, l'utilisation du présent continu qui distancie le récit pourrait le rendre froid... et pourtant, ça fonctionne ! Sans y prendre garde, je me suis laissé embarquer : les mots sont devenus des images, le Liban d'avant-guerre s'est cristallisé sous mes yeux, et mon c½ur s'est serré au fil des pages.

Dans un pays où l'homme est placé sur un piédestal, Rim est l'archétype de la femme servile. Soumise à son père puis à son mari, elle trouve étrangement son compte dans ce quotidien de servitude. Mais lorsque la belle-famille entre en scène, bouffie d'orgueil et de préjugés, implacable, perfide et cruelle, même pour la plus docile des jeunes femmes la pilule est amère. Oui mais voilà, peut-on sortir du schéma éculé quand on a toujours cru en lui, comment se construire une vie qu'o...

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Vie et mort de la jeune fille blonde

Une soirée trop arrosée, quelques mots perdus et un souvenir qui resurgit violemment vont faire basculer le narrateur (un peu perdu, un peu naze (mais pas dans une boite de jazz)) dans un voyage introspectif teinté de nostalgie. Derrière la recherche de Céline c'est la quête d'une jeunesse perdue qui s'esquisse en filigrane.

J'ai tout de suite adhéré au style décousu de Philippe Jaenada, parsemé d’anecdotes improbables toutes aussi drôles que désabusées. La mélancolie qui émane de ses mots ne tombe jamais dans le cynique, et les nombreuses parenthèses imbriquées, si elles peuvent surprendre au premier abord, apportent finalement au récit une fraîcheur candide qui l'équilibre parfaitement. Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri en lisant : le chapitre dans la chambre d'hôtel à New-York est tout simplement désopilant ! Mais sous ses dehors légers, le texte aborde des questions plus profondes comme les origines de la toxicomanie, la place du sexe da...

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Une joie féroce

Encore une fois Sorj Chalandon m'a cueillie. Émue. Surprise. Amusée. Bouleversée. Encore une fois il est entré dans ma tête pour y dénicher mes mots, mes émotions. Pour me trouver moi. Ce n'est pas pour rien que je lui ai décerné le titre officiel de "mon auteur préféré au monde" !

Avec sa bienveillance coutumière, avec ses mots magiques, il donne la parole à quatre femmes blessées. Doublement blessées, par la maladie et le manque d'enfant. L'utérus et le sein. Ces deux organes qui nous font Femme. Qui nous font Mère. Mais comment rester une femme lorsqu'on n'est plus mère ? Grâce à l'amitié qui déplace des montagnes, la solidarité qui ressuscite. Et la vie, qui toujours trouve son chemin.

Une fable intime et vivante, placée sous le signe de l'oxymore – le titre qui en est un beau, mais pas seulement. Tout le récit en est truffé : des malades éclatante...

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Une colonne de Feu

Après avoir adoré les Piliers de la Terre, j'avais été un peu déçue par Un monde sans fin, qui m'avait semblé n'en être qu'une pâle copie. Aujourd'hui je trouve que pour le troisième volet de sa trilogie, Ken Follet a su s'extraire du schéma "Kingsbridge"... pour retrouver celui du Siècle ! Adieu donc les personnages hyper-manichéens – les "méchants" ont des motifs légitimes (sans pour autant être excusables) qui les poussent à agir, les "gentils" sont loin d'être irréprochables – et bienvenue aux personnages de fictions tous proches d'illustres figures (Elisabeth Ire, le duc de Guise, Marie Stuart...) mettant en valeur l'Histoire au travers de leurs histoires.

Je vous fais grâce du résumé, n'oublions pas que ça reste du Ken Follet : on...

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Claire

Claire, Marc et André ont un point commun : ils manquent cruellement de confiance en eux. Albert quant à lui en a un peu trop ! Aussi quand ce dernier décide d'arranger une histoire entre Marc et Claire, alors qu'André s'en mêle, s'en suit une sorte de ménage à trois de la drague !

Mais attention, "Claire" n'est pas une simple romance comme il en existe tant, c'est surtout un récit sur la quête de soi. Les personnages apprennent à se passer du regard des autres (sauf de celui d'Albert !) évoluant au fil du récit pour enfin atteindre le bonheur... Je trouve tout de même un peu triste de donner l'impression que pour tomber amoureux il faille établir un tel plan d'action. Où est la magie dans toutes ces manigances ?

Le style quant à lui est un peu hésitant, passant de jolies tournures à d'autres plus maladroites. Mais pour un premier roman, d'un auteur non-professionnel qui plus est, c'est tout de même assez convaincant.

Trois fois la fin du monde

Sophie Divry a le chic pour parler de sujets sérieux sans se prendre au sérieux. Son dernier roman est scindé en deux parties : la prison et la survie post-apocalyptique. Bref, que du joyeux ! Mais elle y a glissé toute la poésie et l'humanité qui pourtant devraient en être absentes, pour en faire – encore une fois – une belle pépite.

La vie de Joseph bascule le jour où, pour lui éviter de gros ennuis, il décide d'aider son braqueur de frère. Résultat, le frangin est tué et Joseph jeté en prison. Pour la sérénité, on repassera ; bienvenue en revanche dans une belle descente aux enfers. L'univers carcéral fait froid dans le dos, d'autant plus qu'il semble très crédible. Comment imaginer que quiconque puisse sortir indemne d'un tel avilissement ?

Et puis un jour, plus rien, le monde n'existe plus et il faut survivre. Dans cette immensité solitaire, l'homme va faire la paix avec lui-même et se reconstruire petit à petit. Un toit, des lé...

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Fief

Si je devais résumer ce livre en un mot, je choisirais "Ennui".

Pas l'ennui du lecteur non, l'ennui leitmotiv, lancinant, usant. L'ennui symbole d'une génération perdue, sans envie ni ambition. L'ennui de l'horizon trop loin que l'on préfère cacher derrière un joint. L'ennui qui appelle l'ennui.

Ecrire sur l'ennui sans être ennuyeux, pas facile ! C'est pourtant un exercice qu'a plutôt réussi David Lopez. Alors certes, il y a des temps longs, certes ce n'est pas un bouquin qu'on dévore en quelques heures, mais dans l'ensemble j'ai plutôt apprécié cette immersion dans l'univers gris de jeunes dés½uvrés. Perdants avant même de commencer la partie, ils surnagent faiblement, souffrant plus du manque d'envie que de réelles discriminations. Ils m'ont tout de même semblé un peu trop lisses ces gentils lascars ; je n'ai pas retrouvé en eux la détresse sourde qui hante les banlieues. Alors soit (et c'est tant mieux) les jeunes...

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