Prodigieuses Créatures

1810, Lyme Regis. Suite au mariage de leur frère, Louise, Margaret et Elizabeth Philpot se retrouvent exilées dans cette petite station balnéaire du Dorset. Leur rencontre avec la toute jeune Mary Anning va raviver une existence qu'elles envisageaient monotone.

Si le travail de documentation de l'auteur est indéniable, l'orientation qu'elle a voulu donner à son récit est plus incertaine. Ni vraiment une biographie, ni tout à fait une fiction, tout à la fois conflit théologico-scientifique, plaidoyer féministe et tentative de bluette à la Austen, elle semble avoir eu du mal à se décider ! J'ai aimé m'initier à la paléontologie aux côté des deux femmes, en revanche leur comportement m’a paru superficiel. Elizabeth est d’une telle puérilité ! Comme si le fait d'être vieille fille la transformait en éternelle enfant. Le caractère de Mary est plus recherché mais manque tout de même de relief. L'une et l'autre s'étonnent plus qu’à leur tour de la place que leur ...

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Cette main qui a pris la mienne

Lexie. Elina. Deux jeunes femmes qu'un demi-siècle sépare. Toutes deux cherchent leur place dans le monde, l'une professionnellement, l'autre bousculée par une maternité difficile. Toutes deux luttent pour trouver un équilibre entre liens affectifs et émancipation. Si différentes et pourtant si proches dans leur volonté d'avancer, leur destins vont se trouver étrangement liés. Je n’en dirais pas plus sur l’intrigue, car à mes yeux la magie des récits de Maggie O'Farrell réside dans la découverte par touche infinitésimale de l'intrigue.

Maternité et féminité se croisent et s'entrelacent dans cette bouleversante pépite, sans jamais réellement atteindre cette utopique harmonie "mère - amante - femme active"  qu'on nous fait si souvent miroiter. Les émotions sont traitées avec une justesse saisissante, sans complaisance ni mièvrerie. Même les "méchants" m’ont touchée. On re...

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Seul sur Mars

J'ai lu un livre qui se passe sur Mars... et j'ai aimé ça !

J'avais besoin de légèreté, d'un roman facile à lire et suffisamment addictif pour monopoliser mon esprit endolori. Alors j'ai choisi ce bouquin – chaudement recommandé par mon geek de mari – que je n'aurais certainement jamais ouvert en d'autres circonstances (et avec une pesanteur de 3,7 m.s-², question légèreté j'étais servie). Quant à l'addictif... Finir un bouquin à 3h du matin malgré les yeux qui s'obstinent à clignoter, et la perspective du réveil qui s'approche dangereusement, ça faisait des années que ça ne m'était pas arrivé. Comble du comble, il aura fallu que ça soit un bouquin de Science-Fiction qui y parvienne, bel exploit monsieur Weir.

Moi qui me plais à me qualifier de scientifique littéraire, j'ai été très agréablement surprise par « Seul sur Mars » qui concilie ces deux domaines sans tomber dans les travers class...

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Celles de la rivière

Quelle belle surprise que ce premier roman de Valérie Geary, juste mélange de thriller et de récit initiatique, saupoudré d'une pincée de mysticisme.

Dans le décor empreint de nature d'une petite ville d'Oregon, on suit Sam et Ollie, deux s½urs qui viennent de perdre leur mère. La découverte d'un cadavre vient chambouler le lien fragile qu'elles commençaient à tisser avec leur père. L'ainée n'aura de cesse de prouver par tous les moyens, l'innocence de ce père un brin misanthrope tandis que la cadette, muette depuis le décès maternel, cherche plus globalement à comprendre et à se faire comprendre du monde hostile qui l’entoure. Chacune à leur manière, elles vont tout mettre en ½uvre pour tenter de retrouver un semblant d'équilibre.

L'écriture est agréable et originale, l'alternance des narrations donne de la profondeur au récit et affine la psychologie des filles. Sam, l'ado blessée, terre à terre, un peu rebelle mais surtout terriblement malheureuse. Et Ollie, p...

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Aujourd'hui

Aujourd'hui, j'ai mal. J'ai envie de pleurer, j'ai envie de vomir. J'ai juste envie de me rouler en boule sur mon lit, de sucer mon pouce en me cachant sous la couette et de ne plus jamais sortir de mon nid douillet.

Mais aujourd'hui, je suis aussi un autre moi. Un moi qui refuse de céder à la pression, qui refuse de laisser son libre arbitre aux mains d'une bande de voyous, lâches, bêtes et méchants. Parce que je sais que c'est en affrontant la réalité qu'on arrivera à la faire changer. C'est en restant debout, fiers et droits dans nos bottes, qu'on gagnera face à l'obscurantisme, face AUX obscurantismes qui émergent de part et d'autre.

Aujourd'hui j'ai peur. Peur de ces violences aveugles bien sûr. Mais aussi peur de la montée de l'intolérance, peur de voir mes convictions bafouées au nom d'une sécurité qui n'existe pas. J'ai peur de la haine qui m'entoure. Ce n'est pas la haine qui vaincra la haine, mais l'intelligenc...

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1, rue des petits-pas

J'avais déjà lu la Grande Guerre. L'atrocité des tranchées (A l'ouest, rien de nouveau), l'interminable confusion de l'après-guerre (Un long dimanche de fiançailles), le difficile retour des poilus (Au revoir là-haut), mais cette découverte de l'après-guerre au c½ur des régions sinistrées m'a encore une fois ébranlée. Alors qu'avec la victoire on aurait pu croire à une période festive, c'est une ambiance sombre, lugubre, oppressante que l'on ressent dans ce village Lorrain, perdu dans la campagne, à une encablure de Verdun.

Après avoir survécu tant bien que mal dans un camp de réfugiés durant les combats, une poignée de femmes s'attèle à faire renaître ce hameau dépeuplé. Malgré les ravages de la guerre, tant physiques que psychologiques, la vie reprend petit à petit, au rythme des retours et des d...

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Chronique des jours de cendre

Si la vie est parfois injuste, la guerre elle, l'est inéluctablement.

Bagdad, 2007. Les États-Unis ont fièrement libéré l'Irak du joug de l'oppresseur et, sous couvert d'instaurer une démocratie, ont rendu plus misérable encore la vie des irakiens. Prise en étau entre une armée américaine arrogante et violente, et des groupuscules plus ou moins islamistes, plus ou moins révoltés, mais tout aussi violents et arrogants, la population irakienne manque de tout, sauf de raisons d'avoir peur.

Le monde entier avait condamné les Irakiens à crever de faim pour expier les méfaits de Saddam Hussein.

C'est dans ce climat apocalyptique que nous allons suivre en parallèle les tribulations de trois jeunes gens, piégés au c½ur de ce conflit absurde et brutal. Naïm, l'artiste rêveur qui décide de s'engager dans un groupe terroriste, non par idéologie religieuse mais par pur esprit de vengeance, afin de bouter hors de son pays l'envahisseur américain. Sohr...

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Le Code Rebecca

Faut que je vous avoue un truc : j'ai un défaut de conception, j'ai été livrée avec le neurone "espionnage" atrophié ! Ma malédiction, c'est que j'aime plutôt bien ce genre... mais je n'y comprends rien !!! Tom Clancy et John Le Carré me sont irrémédiablement inaccessibles, j'ai même du mal à comprendre les films de James Bond ! Heureusement Ken Follet lui, il est cool ; avec un seul espion, des méchants nazis, des gentils anglais, et surtout pas d'agents doubles (ni triples !) il rend l’espionnage accessible à mon cerveau affaibli !

Si la seconde guerre mondiale se prête bien à ce genre d'intrigues, la difficulté – dépassée ici haut la main par l'auteur – c'est d'arriver à maintenir un suspens palpitant, alors même que la fin est connue de tous. Je pense ne spoiler personne en dévoilant que les nazis ont perdu la guerre, aussi bien en Europe que dans le désert africain !

On retrouve dans Le code Rebecca, tout ...

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Quand le diable sortit de la salle de bains

Ce bouquin m'a hypnotisée. Déjà depuis le rayonnage de ma librairie, avec sa couverture envoutante, il m'appelait. Impossible de repartir sans lui, malgré mon panier déjà bien rempli. Je l'ai ensuite longuement contemplé avant de le lire. Une couverture épurée, douce au toucher, des pages de couleurs différentes, des calligrammes... l'objet était une énigme à lui tout seul.

Puis j'ai plongé, dans cette lecture délicieusement déjantée. Des personnages qui s'incrustent dans le récit pour le faire coller à leur bon plaisir, des digressions, certes parfois un peu longuettes, mais toujours emplies de folie, des dialogues complètement improbables où la fantaisie prend le pas sur la réalité...

Bref, un texte absolument génial qui rend légère une lecture sur un sujet qui ne l'est pas : la pauvreté. Entendons-nous bien, on ne parle pas ici de la misère noire, mais bien de la pauvreté ordinaire. Un chômage qui s'éternise, des fins de mois...

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La femme gelée

Il m'aura fallu du temps pour accoucher de ce billet. J'ai été tellement chamboulée que j'ai eu du mal à mettre en mots mes émotions. Je n'ai d'ailleurs pas l'impression d'y avoir vraiment réussi.

Je me suis sentie tout à la fois heureuse et triste à la lecture de ce livre. Heureuse de m'y être reconnue, d'avoir eu la sensation que ma vision de la Femme était partagée. Et triste, tellement triste de prendre encore un peu plus conscience de tout le chemin qu'il nous reste à faire, à nous les femmes, avant d'arriver à la liberté qui nous est si chère. Dieu qu'elle est douloureuse cette prise de conscience. Moi la femme libre du XXIe siècle qui concilie allègrement travail, famille et loisirs… et sourire… dans quelle mesure puis-je considérer que mes choix ont été dictés par mon libre arbitre plus que par la société qui m'entoure. Suis-je vraiment libre ?

J'ai rarement ressenti une aussi clairvoyante compréhensi...

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