Mes citations

Elle est femme, elle est jeune : sa vie appartient à tout le monde.

Les chrétiens baptisent leurs enfants à l'eau bénite ; Rim a été baptisée aux larmes de sa mère, qui a éclaté en sanglots en apprenant la nouvelle : elle venait de mettre au monde une fille.

J'existais encore un peu partout, à dix ans, vingt-cinq ans. Ma jeunesse n'était perdue que pour moi. Ça fait pas grand monde.

J'étais maintenant rattaché à ce point dans ma vie, [...] je ne me voyais plus comme un type de trente-neuf ans un peu perdu, mais comme un garçon de seize qui en avait vécu vingt-trois depuis.

Les crocodiles pleurent, mais le ragondin ne se laisse pas avoir (il a autre chose à faire que les consoler, il a sa place dans la jungle).

Sur mon carnet bleu j'ai écrit : « C'est l'histoire de quatre femmes. Elles se sont aventurées au plus loin. Jusqu'au plus obscur, au plus dangereux, au plus dément. Ensemble, elles ont détruit le pavillon des cancéreuses pour élever une joyeuse citadelle. »

« Ni, Breizhiz a galon, karomp hon gwir Vro ! », « Nous, Bretons de c½ur, nous aimons notre vrai pays ! »

Courageuse. Je n'entendais que ça. Courageuse pourquoi ? Parce que je passais à la librairie en souriant ? Parce que j'allais acheter une baguette pas trop cuite en cherchant ma monnaie ? Parce que je marchais sur le trottoir, au milieu de tous les bien-portants ? Quel courage ? Je n'étais pas courageuse, je résistais. Je faisais avec. Je me levais le matin avec la peur au ventre. J'avais le sein tailladé, un boîtier sous la peau, du poison rouge plein les veines, le crâne chauve, la bouche douloureuse, le c½ur qui martelait, des envies de vomir, les articulations douloureuses, le ventre torturé. Je n'étais pas courageuse, je marchais droit devant. Et comme je le pouvais.

Je pourrais faire ça pour eux. Ça aurait du sens. Leur montrer qu'on peut se battre. Lutter pour devenir meilleur. Qu'on n'est pas prédestinés. Que le travail peut mener à la récompense. Je pourrais avoir ce rôle. Sauf que moi je voudrais être à leur place. Moi aussi je voudrais être là-haut, à regarder quelqu'un le faire pour moi.

Elle m'a trouvé moi. Assez éduqué pour échanger trois mots. Assez joli pour être désirable. Trop marqué cependant pour devenir intime. Trop sauvage pour être apprivoisé à long terme. Trop peu désireux de vivre.

L’ennui, c’est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure. On a trouvé la parade, on s’amuse à se faire chier. On désamorce. Ça nous arrive d’être frustrés, mais l’essentiel pour nous c’est de rester à notre place. Parce que de là où on est on n’en risque pas de tomber.

En fin de compte, nous allons pouvoir mettre sur pied notre Programme Principal.
— Et qui consiste en... ?
— Posséder... Tout !
— Dans un monde à courte vue, dont le Présent est amoindri ?
— Bien sûr ! Avec une masse docile qui s'adonne au culte du moi et ne recherche que la gratification immédiate, il y a matière à fourguer une flopée de saloperies inutiles en tant que « dernier truc qu'il faut avoir »

Précision annexe, bien qu'essentielle
De la même manière que les Noirs américains se sont approprié le dégueulasse vocable « nigger » ou « nigga » (dans le cadre mixte de « l'ironie de la vie est parfois bien ironique », et de « Fais d'un piège une forteresse ») et acceptent moyen bien que les pas noirs l'emploient, je m'autorise le droit de parler « mal » de moi et des autres, toutes les autres, si ça me chante.

Je revendique « salope » et « pute » et « garce » et ça m'irrite quand les hommes le font.

J'ai l'intuition que les chansons nous attendent. J'ai toujours aimé Comment te dire adieu. Il aura fallu R. et sa fugue finale, sans annonce, sans explication, mais blindée de fausseté, pour que je l'entende. La chanson m'attendait, les chansons nous attendent tous.

La rivalité entre les hommes ça n'en finit pas, ne seraient-ils plus que deux sur terre qu'il y en aurait toujours assez pour rivaliser.

— Pas question qu'après nos hommes, on nous vole nos moutons, pas question qu'ils aillent nourrir des soldats pour leur donner la force de se faire tuer...

C'est par l'esprit qu'un homme se rapproche au plus près d'une femme, en faisant ce chemin qui va de l'égoïsme à la compréhension.

Il fallait que, dans le coeur de celle qui l'épouserait, l'amour et la haine puisse coexister, afin que, lorsque la haine monterait, elle ne tuât pas l'amour et que lorsque l'amour l'envahirait, il ne détruisît pas la haine afin qu'elle conservât sa défense.

[...] les femmes, plus que les hommes, sont capables de tuer et d'accomplir de dures besognes. Elles perdent leur sang chaque mois et le répandent abondamment lorsqu’elles donnent la vie et, à cause de cela, le sang ne les effraie pas. Mais l'homme sait, lorsqu'il répand son sang que c'est sa vie même qui s'en va, aussi est-il plus impressionnable.

La femme est la racine, l'homme est l'arbre. Et l'arbre ne peut s'élever que si les racines sont fortes.