Mes citations

— Je me fiche vraiment en rogne quand j'ai peur, il a dit. C'est tout le monde pareil. Des fois, les gens le savent même pas. La prochaine fois que tu seras terriblement en rogne, penses-y. Peut-être que tu découvriras que tu as peur de quelque chose, tu comprends ? Et alors, plus besoin de te mettre en colère.

La famille est une source inépuisable de lieux communs. La famille est même LE lieu commun où l'on brasse tous ensemble la légende.

On peut mourir dans le mensonge. On ne peut pas se donner la mort sans s'être dit à soi-même la vérité.

Comment ses fils sauront-ils que leur vie est meilleure si l'on efface toutes les traces d'avant ?

Tu comprends, l'histoire des hommes, c'est l'inverse de la solitude. Et puis, le passé, si nous savons le lire ou l'entendre, nous assure de ce qui est juste.

Les grandes veuves de guerre, les vraies, celles de la Première Guerre mondiale, n'étaient pas les femmes qui avaient perdu un mari, mais celles qui avaient perdu un fils. Un épouse qui avait perdu son mari, même au champ d'honneur, pouvait toujours se remarier. Mais une mère était amputée à vie d'un amour qu'elle ne pourrait jamais retrouver [...]

Albert ne pensait pas à mourir, il avait juste le désir d'en finir. Mourir ne serait que le moyen.

Car il nous faut poursuive ce qui se trouve devant, et non derrière, ni ce que nous avons perdu. Nous devons saisir ce que nous sommes en mesure d'atteindre et nous accrocher, vite.

Elle se rappela aussi avoir lu quelque part que la seule langue au monde à posséder un mot pour désigner ces êtres, ces vies, était le roumain. Detlene : esprits errants de ces enfants perdus ou morts-nés. De ces enfants qui indéniablement, avait vécu, mais seulement dans le ventre de leur mère. [...] Quel étrange réconfort, alors, que la découverte de ce mot, ce mot qui précisément désignait ce qui réside dans le noyau de votre être, dans les allées les plus secrètes de votre c½ur.

Maeve la regarde. Ne la lâche pas des yeux. Si la petite était un liquide, Maeve la boirait ; si elle était un gaz, Maeve la respirerait ; si elle était une pilule, Maeve l'avalerait ; si elle était une robe, Maeve la porterait ; si elle était une assiette, Maeve la lécherait.

Claudette est obligée d'enfoncer son visage dans son matelas pour reprendre ses esprits, pour tolérer son propre poids, incapable de supporter ce sentiment d'être prisonnière, de supporter la futilité de ses fantasmes. Tout se passe comme si elle avait dessiné la porte entrouverte d'une cage, avait entrevu la possibilité d'une vie autre que la sienne, au-delà de la sienne, différente.

Elle est frappée par l'étrange dichotomie d'un ménage qui dure depuis un certain temps, qui fait que le conjoint paraît à la fois archiconnu et curieusement étranger.

En ce moment, il est devenu complètement celui qu'il est sensé être : un homme qui, dans sa cuisine, porte sa fille. Il pose la cuillère en bois, la casserole et enlace l'enfant. Il est submergé par... quoi ? Quelque chose de plus que l'amour, de plus fort que l'affection. Quelque chose de si puissant, de si primaire que ça ressemble à un instinct animal. Pour l'instant, il se dit que la seule façon d'exprimer ce qu'il ressent, c'est le cannibalisme. Oui, il a envie de manger sa fille, en commençant par les plis de son cou et en descendant sur la peau lisse, opalescente des bras.

Il se dit que demain, c'est loin demain. C'est dans tellement longtemps. C'est après le matin, après l'après-midi, après le soir, après la nuit. C'est dans des millions d'heures, demain.

Les plus dégourdis expliquèrent la plaisanterie aux plus abrutis ; et les abrutis expliquèrent aux plus stupides d'entre eux ce que c'est qu'une plaisanterie.

Je poussai la porte suivante, mais ne vis qu'un homme avec une grenouille qui émergeait de son crâne chauve et luisant.
— Ciel ! dis-je. Comment est-ce arrivé ?
— Ç'a commencé avec un simple bouton sur mon postérieur, répliqua la grenouille. Je peux vous aider ?
— Je cherche le Pr Plum.
— Il vous faut JusrisTech. Ici c'est Vieilles Blagues. Allez voir à côté.

« Une licorne, ce n'est pas pour la page vingt-sept, c'est pour l'éternité. »

Au fond, la lecture est un processus bien plus créatif et imaginatif que l'écriture : quand le lecteur invoque l'émotion, ou les couleurs du ciel au soleil couchant, le parfum de la brise d'été sur son visage, il mérite autant de considération que l'écrivain... voire plus.

Un livre, ça n'a l'air de rien, des mots sur une page, mais en réalité, il s'agit d'une technologie infiniment plus complexe qui traduit des gribouillis bizarres tracés à l'encre en images à l'intérieur de votre crâne. Actuellement, nous utilisons le système d'exploitation V8.3. Mais le Grand Central du Texte à l'intention de procéder bientôt à une mise à jour.

Bouffonnerie et tragédie, ces deux antithèses ne contenaient-elles pas en définitive toute l'humanité ?